1977 vit l’arrivée de 6 Hollandais du NBC, de 25 Américains de l’ICOMOS ainsi d’une compagnie du 13ème Régiment de Génie stationné à Trèves. L’année précédente, un capitaine de cette unité était passé par Châtel, refaisant avec sa compagnie le parcours de la 2ème Division Blindée du Général Leclerc dans sa « Charge sur Strasbourg » lors de la dernière guerre mondiale. Etonné et admiratif de ces jeunes à l’œuvre devant l’immensité du travail à faire, il a obtenu de revenir une semaine avec ses engins. Une compagnie de génie, c’étaient des excavateurs, des pelles de l’avant, des compresseurs, huit camions benne qui, travaillant en noria, pouvaient évacuer 7 000 tonnes de terre dans la semaine.
Fossé nord en 1972.
Fossé nord en 2008.
Le génie se mit à l’œuvre dans les Fossés Nord où les chantiers de jeunes, accompagnés d’une pelle mécanique avaient commencé à situer les bases des tours de l’enceinte Haute du début 15ème siècle, ensevelies sous la terre et recouvertes d’arbres et de végétation dense. Ils avaient aussi découvert l’existence, lorsque là ignorée, d’une seconde enceinte du milieu du 15ème siècle, enfouie sous six mètres de terre.
De 1977 à 1992, le 13ème Génie revint cinq fois et entraîna dans son sillage quatre interventions du 11ème Régiment de Rastatt, une du 9ème Régiment de Vieux Brisach et du 19ème de Besançon. Répondant à l’appel de celui qui avait combattu en 1944-45 au Régiment d’artillerie coloniale du Maroc, le 9ème Régiment d’artillerie de marine de Trèves, qui en avait repris la tradition, vint à trois reprises de 1981 à 1984 et le 5ème Régiment de Cuirassier de Kaiserlautern en 1992.
Curieusement, seules ou presque, des groupes stationnés en Allemagne avaient pu venir. Ces unités qui devaient s’opposer à une offensive soviétique, alors que celles de la région ne l’avaient pu, tant elles étaient empêtrées dans la complexité de la réglementation administrative. Et l‘application, sans égard aux réalités du terrain, des règles d’une autre administration arrêta en 1993 le concours de l’armée.
Ces dégagements ont faits des bonds spectaculaires. Au Nord, les deux enceintes et leurs tours ont surgi de terre bien qu’il reste encore aujourd’hui beaucoup de remblais à enlever. Au Sud, les grandes buttes de déblais sont largement entamées, la grosse tour du 13ème siècle et la chemise d’artillerie du 15ème siècles sont dégagées.
Les engins du génie avaient aussi fait merveille pour percer les obstructions dressées par leurs prédécesseurs sous le Roi Louis 14. 116 520 tonnes de déblais, après tri des pierres avaient été enlevées et évacuées depuis 1972 tant par les bénévoles que par l’armée. Une partie de ces déblais consolida une digue qui borde un coude de la Moselle. L’autre partie fit un parking du terrain de sports, puis celui du nouveau collège de Châtel.