L’ampleur de ces travaux ne doit pas masquer l’importance des travaux de maçonnerie et de rejointoiement, effectués durant les chantiers et poursuivis ensuite par la petite équipe permanente d’entretien. Chaque année deux ou trois grands échafaudages, hauts de 7 à 9 mètres parfois de 11 à 13 mètres, sont dressés contre les murs ou les tours. Et ces travaux, menés avec le concours de tailleurs de pierre, absorbent plus de la moitié de l’effectif des chantiers. Beaucoup de ces jeunes , s’ils sont bien conduits et motivés, ont une faculté remarquable d’adaptation à des travaux aussi variés que la taille de pierre, la réfection d’un dallage, la pose d’une voûte ou la participation à une fouille archéologique.
Un membre éminent de l’Association avait en effet suivi courageusement plusieurs campagnes de fouille du CNRS de Champagne et il fut titulaire en 1983 d’une autorisation de fouille programmée dans la zone du donjon et de la porterie, autorisation plus tard étendue à l’extension du 15ème siècle, au Nord du château primitif.
L’éventail des nationalités des bénévoles s’ouvrit plus encore : Grecs et Algériens en 1986, réfugiés Hongrois, Tunisiens et Africains, du Congo, du Ghana et d’ailleurs en 1988.
Entre temps en 1987, le château a été classé Monument Historique. Dès l’année suivante Châtel devient l’un des cinq centres de formation d’animateurs de chantiers pour les Monuments Historiques. Et chaque année à Pâques et à la Toussaint, des stagiaires y vient s’y former de toute le France et même de l’étranger.
Puis le rideau de fer commença à craquer et 1990 vit arriver les Tchécoslovaques, les premiers Russes. Suivirent en 1992, les Estoniens, Lituaniens, Irlandais, mais aussi des jeunes de Thionville sous l’égide du plan banlieue, et en 1993 des Japonais et Suédois, des membres du groupe de jeunes de Borny, banlieue de Metz.
1996 marqua une étape importante par la mise en relation directe de l’Association avec une grande association slovaque francophone, liaison encore renforcée l’année suivante par d’excellentes prises de contact à Bratislava. Désormais le Slovaquie envoie des contingents réguliers. Le groupe de bénévoles de ce pays devient le plus important parmi les étrangers. Lors de la réception le 7 juin 2001 à Bratislava, le secrétaire d’Etat de l’Education Nationale Slovaque remit aux dirigeants de l’Association, la médaille de Saint Goraz à l’occasion de l’envoi du 500ème jeune Slovaque au chantier de Châtel.
Les premiers Suisses étaient venus en 1995. En 1996, les premiers Espagnols, Flamants et Jordaniens ; en 1998 les premiers Turcs et Marocains ainsi que des jeunes de Foyers.1999 amena des Palestiniens de la région de Gaza et une vingtaine d’adolescents du programme Global Works, organisation Quaker de le côte Est et du Centre des Etats Unis. Des troupes de Scouts de France et Belges ont aussi apporté plusieurs fois leur concours. Enfin, chacune des années qui suivirent, a fait connaître plusieurs nouvelles nationalités, successivement Mexique, Macédoine, Egypte, Vietnam, Corée, Colombie, Roumanie, Argentine, Ukraine.