La Forteresse de Châtel sous Thiébaut IX

Toute cette œuvre et complétée au Nord par son fils Thiébaut IX, Maréchal de Bourgogne depuis 1443, et auquel il a cédé en 1448 la possession de Châtel. Les comptes allant de 1448 à 1468, indiquent des dépenses considérables tant pour les murs que pour les fossés, larges de 57 mètres. Des entreprises, venues même du Nord ou de Franche Comté, y travaillent plusieurs fois ; une tour de l’enceinte Nord est encore construite en 1467 et 1468.

 

A sud face à la Moselle, il renforce aussi la défense en plaquant contre le rocher un mur bouclier pour le protéger de la mine. Et il englobe la grosse tour, érigée en contrebas du rocher au XIIIème siècle, par une grande « chemise d’artillerie », dotée de nombreuses canonnières, et raccordée par la tour du Charbon , créant ainsi un redoutable flanquement de ce front Sud.

Bien plus, il prolonge encore la défense au-delà des fossés en campant plus à l’Est sur un rocher la grosse Tour de la Campagne. Celle-ci peut aussi contrôler par ses tirs la voie romaine de Trèves à Bâle qui va sur le plateau de l’autre coté du ravin; qui le sépare du promontoire du château. Et pour mieux y amener  matériel et ravitaillement, il lance à travers les fossés deux longs murs, équipés de canonnières et dotés de rampes de pierre intérieures sur lesquelles des poutres et un plancher peuvent être posés pour installer un pont mobile de jonction. Ce dispositif inspirera Vauban deux siècles plus tard. La grosse tour d’artillerie, Dite du Parterre, flanque ces murs face à la Moselle et complète encore ce système de défense au  « dispositif bien articulé et hiérarchisé dont chaque partie joue un rôle actif dans la défense du tout »


Enfin au Nord comme au Sud, des poternes de contre attaque, permettant une défense agressive qui fit ses preuves au cours des sièges. Au sud, un réseau perfectionné de galeries et de tailles souterraines, s’étage sur trois niveaux et permet de sortir quinze mètres plus bas rapidement et en sécurité, soit dans la campagne, soit dans la ville au pied du rocher. Leur remarquable dispositif de piégeage fait aujourd’hui l’étonnement des visiteurs. Il témoigne aussi de l’évolution de ce dispositif à travers du XIIème au XVème siècles ainsi que la savante réutilisation dans les étapes ultérieures des défenses des époques précédentes.

Les objets, matériel et vaisselle retrouvés au cours de fouilles et des travaux permettant de restituer d’une manière très vivante le contexte de la vie quotidienne à l’intérieur de cet ensemble fortifié. De nombreux documents, plans et maquettes accompagnent leur présentation  dans l’ancien Couvent Notre Dame, devenu Centre Culturel. Et les multiples tuiles vernissées (pavage ou toiture) soulignent l’originalité d’un monument comtois, témoin de la poussé bourguignonne en Lorraine romane, et dont l’histoire fut associée aux événements de l’Europe d’alors…