Chastel sur Mezelle en 1634

Un siècle plus tard Châtel, comme le reste de la Lorraine, subira une terrible guerre de 30ans, pendant laquelle Richelieu, Louis XIII puis Louis XIV essayeront de se rendre maîtres de la Lorraine pour quelle redevienne Française. Ils mèneront une politique systématique et, à chaque prise de ville fortifiée et château, ils détruiront les éléments militaires.

 

La forteresse subira de 1634 à 1670 neuf sièges successifs. Notamment au cours du l’été 1651, où la résistance de la faible garnison, commandée par la Baron Jean de Beaufort, sera saluée par son vainqueur, la Maréchal de la Ferté-Senecterre. Il aura fallu près de deux mois et plus de 4000 coups de canon pour en venir à bout.

Après une nouvelle occupation lorraine en 1661, Louis XIV par l’intermédiaire de son ministre Louvois, ordonnera au Maréchal de Créqui de reprendre Châtel, qui capitulera le 5 octobre 1670. Dès le 11 novembre, le maréchal fera sauter les défenses du château qui, en leur temps, ont représenté l’un des sommets de l’art de la fortification. Les explosions se succèderont de novembre 1670 à février 1671.

Pour ce faire, on commencera par faire sauter les tours et les principaux bâtiments, en se rendant vite compte que cela coûtera cher en poudre. Les troupes françaises se dirigeront alors vers la ville pour réquisitionner sans douceur les habitants qui, par milliers de tombereaux de terre, remblayeront l’intérieur et recouvriront l’ensemble pendant 4 mois.

Après la capitulation du 5 octobre 1670, le Maréchal de Créqui avait fait dresser un plan par un de ses officiers du Génie, en vue d’entourer la forteresse vers l’extérieur, une défense bastionnée, ce qui lui aurait permis de ne pas être détruite.

Comme à la Mothe dans le Bassigny et à Epinal, de nombreux réemplois de matériaux changeront vite la physionomie du site.