Un siècle plus tard, la terrible guerre de Trente Ans dévaste la Lorraine. La forteresse subit de 1634 à 1670 neuf sièges successifs. Notamment au cours de l’été 1651, la faible garnison lorraine tient pendant près de deux mois et malgré plus de 4 000 coups de canon, ne capitule que sur ordre du duc de Lorraine. Cette résistance est saluée par son vainqueur, le maréchal de la ferté Sennetère « comme l’une des plus mémorables ». Après une nouvelle occupation lorraine, le roi Louis XIV ordonne au maréchal de Créqui de reprendre et de détruire Châtel. Epuisée, la garnison capitule le 5 octobre 1670. Dès le 15 novembre, ordre est donnée de faire sauter les défenses « qui avaient représenté l’un des sommets de l’art de la fortification ». Les explosions se succèdent de Noël 1670 à février 1671. Mais l’ampleur et la solidité de la construction sont telles que le démantèlement est jugé insuffisant. Alors durant des mois, les malheureux habitants aux alentours, réquisitionnés sans douceur, doivent amener des milliers de tombereaux de terre pour ensevelir ce qu’on ne parvenait pas à détruire.
De nombreux réemplois changent la physionomie du site. Les chanoinesses de Saint Augustin édifient en 1710 le Couvent Notre Dame sur l’emplacement de la porterie. Un couvent des Capucins s’implante sur les bâtiments seigneuriaux, un séminaire lui succède en 1832, remplacé par une maternité lors de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat et détruit au début des années 1960 pour faire place à un programme de blocs barres que l’action de l’Association réussit à limiter à deux par sa création en 1972.
Enfin, lors de la dernière guerre, à la mi-juin 1940 des troupes françaises, retranchées dans le château et la ville, résistèrent trois jours à l’armée allemande, venue de la Champagne, et la ville fut détruite à 83%. En septembre 1944, ce fut l’armée allemande qui s’opposa à deux reprises aux attaques de la deuxième division blindée du Général Leclerc qui y subit de lourdes pertes.
